[Postlogie] Critique Les Derniers Jedi : Les critiques spoilers de Jagged Fela et Porg le Vrai

La critique de Porg le Vrai

Voici ma critique à froid du dernier Star Wars: Les derniers Jedi. Pourquoi ne pas rédiger une critique à chaud ? Car le film est dense, extrêmement dense. Quand j’ai demandé à mon fils mercredi dernier à la fin si il avait aimé, il m’a répondu: ” Attends papa, il y a plein de choses dans ce film, il faut réfléchir. Eh oui, il faut d’abord digérer pour mieux apprécier.

Tout d’abord je précise que, ayant vu le film en 1977 à l’âge de 9 ans, je suis né avec la trilogie originale. Ma vision chronologique de Star Wars est donc 4 – 5 – 6 – 1 – 2 – 3 – 7 – 3.9 – 8.

Je ne vais pas vous faire la critique détaillée du jeu des acteurs (ils sont tous très bons dans leurs rôles respectifs), des scènes de combats et autres plans (Rian Johnson est le maître), du scénario (il y a des failles comme dans les épisodes 4-5-6 mais l’ensemble se tient parfaitement) et de la musique (c’est toujours John Williams), je laisse cela aux spécialistes du cinéma. Non je vais vous expliquer en trois parties pourquoi à mon avis, Les derniers Jedi est un bon, très bon film.

Premièrement, Johnson reprend tout le long du film les principes de certaines scènes de la trilogie originale mais contrairement à l’Episode 7 qui se contente de plagier l’épisode 4 avec de nouveaux personnages (c’était le choix ou le passage obligé de J.J. Abrams pour accrocher accessoirement un box-office de 2 milliards de dollars), là, les scènes finissent toutes différemment apportant de la nouveauté et une fraicheur qui font plaisir à voir.

La formation de Rey/Luke par Luke/Yoda commence de la même manière : Luke ne veut pas au début, finalement lui procure un enseignement, lui montre le côté obscur mais intervient pour aider la résistance via la projection d’un fantôme de la force alors que Yoda n’a rien fait dans l’Empire Contre-Attaque.

Les aventures épiques de Finn et Paige (Canto Bight/Bespin, Trahison de DJ/Lando) se terminent mal car DJ ne revient pas sauver les héros rendant leurs efforts pour désactiver le traceur de l’hyperespace vains.

La confrontation entre Snoke, Rey et Kylo Ren ressemble à s’y méprendre à celle entre l’empereur Palpatine, Luke et Vador dans le Retour du Jedi notamment au niveau des dialogues. Snoke/Palpatine est tué par Kylo Ren/Dark Vador mais Kylo Ren ne se repent pas, au contraire il devient calife à la place du calife.

On repense forcément au début de la bataille de Crait avec son armée de marcheurs face à quelques vaisseaux Rebelles à celle de Hoth mais elle est interrompue de manière grandiose par la confrontation entre Kylo Ren et Luke Skywalker.

On pourrait trouver d’autres cas qui montrent qu’on se situe bien dans un Star Wars qui se démarque par rapport aux autres films par ses différences et son originalité.

Ensuite un film Star Wars n’est très bon que si il est tragique. L’Empire Contre-Attaque (la défaite de la rébellion, la mort de Yoda, celle virtuelle de Han Solo et la révélation de Vador à Luke), la dernière partie de la Revanche des Sith (mort des Jedi, de Padme et de Anakin Skywalker) et le chef d’œuvre Rogue One (tout le monde se sacrifie) en sont les dramatiques exemples.

Les Derniers Jedi est une succession infernale de décès : la longue et interminable hécatombe de la Rébellion qui perd un par un ses membres (ils ont osé tuer Ackbar !!), le sacrifice de Luke qui se fond dans la Force à la fin, les 2 porgs rôtis que Chewbacca s’apprête à manger et aussi Carrie Fisher (la mort de l’actrice après le tournage ne laisse rien présager de bon pour l’épisode 9. Ses scènes dans le film lui rendent cependant un vibrant hommage).

Je pourrais ajouter la mort rapide de Snoke et Captain Phasma, mais ce sont des méchants, cela fait moins mal au cœur.

Vu l’aspect triste du film, heureusement qu’il y a beaucoup, beaucoup d’humour sinon on pleurerait en permanence.

Et pour finir les Derniers Jedi s’impose définitivement comme le nouveau Star Wars, celui du présent qui fait le lien idéal avec celui du passé.

Les aventures des héros de la trilogie classique Luke, Han et Leia font partie désormais de la Légende. Dark Vador aussi car Kylo Ren semble avoir réglé son complexe avec le grand-père en tuant son maître et en prenant sa place.

Le lien avec la prélogie (qui aurait pu faire l’objet d’un seul film : Anakin Skywalker, a Star Wars Story) est clair aussi : l’arrogance ou la trahison des Jedi est la cause de leur perte et de l’avènement du côté obscur. On croirait entendre le sénateur Palpatine parler à Anakin …

De plus à quoi nous fait penser la toute fin du film ? Un Premier Ordre avec un Skywalker à sa tête, une rebellion diminuée mais avec des rescapés forts et motivés, un gamin utilisant la force pour attraper son bâton, … A Un Nouvel Espoir, bref L’Episode 4.

En conclusion, Les Dernier Jedi est un excellent Star Wars qui s’inscrit dans la continuité en ne rompant pas avec la famille Skywalker, bien au contraire. Star Wars dans un univers renouvelé et rafraîchi est désormais bien lancé, tout est ouvert pour la suite.

Les mauvaises langues diront que c’est le Star Wars de Disney, je dis pour ma part qu’on ne peut pas 40 ans après continuer à vivre continuellement dans les limites du Star Wars créé par Georges Lucas.

Vive l’Episode 8 ! Vive la Guerre des Etoiles ! Vivement l’Episode 9 !

8/10


La critique de Jagged Fela :

C’est un poncif de dire que cet épisode VIII était attendu par beaucoup. L’épisode VII avait été pour moi une semi-déception au premier visionnage, ne retrouvant pas mes marques par rapport aux derniers films de la Saga sortis à l’époque, à savoir la Prélogie. En effet, le manque de contexte géopolitique, de background pour certains personnages principaux et d’une forte dramaturgie comme celle de l’épisode III notamment, manquaient cruellement au Réveil de la Force qui, néanmoins, bénéficiait de nombreuses qualités (nouveaux personnages très attachants, rythme du film et réalisation impeccables, intrigues lancées pour la suite de la Saga, entre autres). Le côté “safe” du scénario si décrié comme étant une pale copie de celui d’Un Nouvel Espoir et une trop grande timidité visuelle m’avait alors poussé à fonder beaucoup d’espoirs sur cet épisode VIII. Qu’en-est-il au final ?

Rian Johnson a décidé de faire son film de la manière la plus saine qui soit : en tant qu’artiste le plus indépendant possible qui propose sa vision personnelle de ce à quoi doit ressembler l’épisode VIII de la saga Star Wars. Sans forcément chercher à prendre les Fans dans le sens du poil. En cela il me rappelle un certain G.L. Il était salutaire de prendre des risques après un épisode VII sclérosé par la nostalgie de la Trilogie Originale. Ces risques, Johnson les a pris. Et pour ça il a tout mon respect. Le souci c’est qu’il n’a pas pris les bons. Ou pas de la bonne façon. Explications.

RJ a voulu faire souffler un vent nouveau sur Star Wars, c’est évident. Il a voulu dépoussiérer une saga vieille de 40 ans, et il n’a pas pris de gants. Sa réalisation est réussie. Mais pour autant elle reste classique et sans surprises. Le montage du film est rapide quand il le faut, et on a même droit à un vrai flash-back qui ne soit pas une vision de Force, une première dans un épisode numéroté de la Saga ! Et ce même flash-back est utilisé à deux reprises et pour illustrer deux points de vue différents sur un même événement crucial de l’intrigue : le Basculement du jeune Ben Solo du côté Obscur. J’ai trouvé ces moments réussis et ce ne sont pas les seuls. Le film est beau visuellement mais malheureusement ça ne suffit pas… car le bât blesse sur un autre point très important : le scénario ou plutôt comment le scénario est mis en images, comment il prend vie.

L’histoire en elle-même est très sombre. En cela RJ ne casse pas un des codes fondamentaux de la saga qui veut que le deuxième acte de la tragédie/trilogie soit sombre, avant le troisième acte censé ouvrir vers quelque chose de plus heureux. Pourtant à aucun moment du film je n’ai vibré pour les personnages, dans un sens comme dans l’autre. Jamais je n’ai compati au sort des personnages, jamais je n’ai versé une larme et jamais je n’ai ressenti d’excitation à cause d’une situation qui créerait une tension dans le récit. Je ne suis tout simplement jamais rentré dans le film parce que ce dernier, en dépit de ce qu’il a à raconter de tout à fait digne d’intérêt m’a empêché de le faire ! Le coupable principal de cet état de fait : l’humour… ou ce qui prétend en être…

Que Johnson trolle allègrement l’épisode précédent c’est son droit après tout. Mais le moins qu’on puisse dire c’est qu’il ne l’a pas fait avec une très grande classe… Luke (dont le traitement global est excellent et m’a beaucoup plu par ailleurs !) est absolument replié sur lui-même au début de l’épisode, incapable de trouver en lui la moindre force, la moindre envie de reprendre un rôle majeur dans la lutte contre le Mal. Je n’ai aucune difficulté à accepter ça, mais pourquoi, pourquoi lui faire jeter son sabre que vient de lui rapporter Rey par dessus son épaule dans ce geste complètement je-m’en-foutiste ? c’est complètement contraire au personnage (je ne parle pas du Luke qu’on a laissé à la fin de l’épisode VI mais bien de celui-ci) ! il aurait suffit de le lui faire lui faire lâcher en le laissant glisser des doigts ce qui aurait été tellement plus raccord avec le Luke désabusé qu’on cherche à nous dépeindre ! TOUT aurait été préférable à CA !

Et ce n’est hélas que le début… le film va se faire un malin plaisir à mettre de l’humour bas-du-front dans toutes les scènes ruinant complètement la possibilité du spectateur de se prendre à l’histoire ou d’apprécier les personnages. Seuls Luke, Leia, Rey et Ben semblent passer entre les gouttes de ce jeu de massacre… Hux ? trollé à longueur de film dès sa première apparition, alors qu’on pensait avoir affaire à un méchant digne de ce nom. Il survit à son échec du début… Incompréhensible, sauf si c’est pour continuer à en prendre plein la tronche par la suite. Phasma ? renvoyée à son statut relevant du néant (pas un mal d’ailleurs, personne ne la regrettera). Finn ? sous-exploité au possible. Alors que c’était lui qui distillait une partie de l’humour de TFA. C3PO en prend aussi pour son grade à la fin du film quand Poe lui coupe la parole brutalement, une façon de lui dire : ça fait un sacré bout de temps (40 ans pour être précis) que tu casses les pieds à tout le monde en palabrant donc maintenant ferme-là ! Non vraiment, cette façon qu’a le film de tout dédramatiser en permanence est juste nulle et indigne d’un film comme Star Wars. Plus que de dédramatiser, elle le désenchante ! et ça c’est vraiment très très triste…

Pourtant, le potentiel était là et si on parvient à fermer ses oreilles, à passer outre cette vulgarité, l’histoire ne manque pas d’enjeux dramatiques et de pistes extrêmement intéressantes. C’est d’autant plus rageant de ne pas pouvoir en profiter car tout est là sous nos yeux effarés : La Force, la dualité Clair/Obscur, la notion de choix, la notion d’échec et de ses conséquences, le(s) lien(s) avec la prélogie qui manquait tant au Reveil de la Force… En tant que lecteur des novélisations, j’espère que celle-ci corrigera cette fuite en avant grand-gignolesque car l’histoire est elle-même n’est pas mauvaise mais elle a été comme vidée de sa substance par cet humour ridicule qui tue tout ce qui pouvait la rendre épique (ou presque).

En conclusion, je ne peux que m’empêcher d’éprouver un sentiment d’immense gâchis face à ce drôle d’objet qu’est Les Derniers Jedi. Ryan Johnson avait toutes les cartes en main pour réaliser non seulement une grande suite au Réveil de le Force mais également un épisode majeur de la Saga. Sa stratégie du “dégagisme” des anciens personnages comme des nouveaux, mais aussi d’un certain respect du ton de la narration dans un film Star Wars, nous laissent sonnés, et quelque peu désabusés… Cet épisode réussit le tour de force de me convaincre de ne jamais avoir envie de le revoir. Un comble !

Note : 3/10

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