[Star Wars Stories] Les créateurs de Rogue One racontent les coulisses

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L’équipe de Rogue One s’est récemment exprimée dans plusieurs magazines anglo-saxons. Voici des extraits d’interviews tirés de Total Film, SFX Magazine et Empire.

Rogue One étant une préquelle d’Un Nouvel Espoir, le défi était de savoir par où la commencer. “D’habitude, pour un film, on a une très bonne mise en place et un très bon début, et le gros défi est dans la manière de le terminer”, dit le réalisateur Gareth Edwards. “Généralement, c’est la chose sur laquelle on se remue les méninges un million de fois. Sur ce film, nous savions plus ou moins où nous nous dirigions, mais il s’agissait de savoir comment débuter ce voyage. C’était le problème exactement opposé à celui qu’on a habituellement, et ça paraissait être un problème plus simple car je pense que les films doivent devenir plus intenses et culminer à la fin. Donc ça semblait être un très bon point de départ d’être certain de la direction où nous allions et de savoir qu’il y avait cette montée en puissance qui allait être la récompense du film.”

Edwards décrit sa vision d’un film Star Wars : “Coller Star Wars sur une affiche ne suffit pas à faire un film Star Wars. Nous avons essayé d’obtenir la combinaison magique avec laquelle nous avons tous grandi – ce mélange entre une toile épique et une sorte de noyau émotionnel en son coeur concernant un petit groupe de gens ayant parfois des liens familiaux. Ca semblait très shakespearien. C’est que ce George Lucas avait emprunté lorsqu’il a fait les films originaux.”

Le réalisateur parle de l’héroïne Jyn Erso : “Jyn n’est pas comme certains personnages des autres films Star Wars où devenir un héros était leur prédestinée, où il avait toujours été prévu d’une façon magique qu’ils sauveraient la galaxie. Jyn était sur une trajectoire l’emmenant vers une vie complètement différente, et une chose se déroulant tôt dans le film et tôt dans sa vie brise tout et l’envoie sur un chemin différent. Je voulais que le film donne l’impression que ce n’est pas quelqu’un qui était née pour être un soldat, qu’elle était destinée à autre chose et qu’elle a été forcée de vivre cette vie. Ca pourrait mal finir pour elle, et je pense que ça nous rend plus impliqués que si c’était quelu’un qui est un dur à cuire dès début et qui passe son temps à botter des culs.”

Dès que John Knoll (superviseur des effets visuels et chef de la création à ILM) a eu l’idée originale du film, il était prévu que le personnage principal soit une femme. Edwards explique : “Une partie du processus de mise à bien de ce film consistait à examiner les ingrédients qui constituent Un Nouvel Espoir et à inverser un tas d’entre eux, puis à regarder ce qui fonctionnait. Le plus évident est que le héros est un homme, donc pourquoi pas une héroïne cette fois ? Ca semblait être un bon choix. C’est comme pour Alien, où l’anecdote classique est qu’ils n’avait pas écrit le rôle de Ripley pour une femme, ils l’avaient écrit pour un homme, et à la dernière minute ils ont changé leur choix d’acteur et c’est devenu Sigourney Weaver. Je pense que si on échangeait Jyn contre un homme, rien ne contredirait cela dans le film. Le rôle de Jyn n’est pas écrit pour une fille, il est écrit pour une personne, et il s’est juste avéré que nous avons choisi une femme.”

Jyn est accompagnée d’un groupe de rebelles, mais on n’appprendra pas tout sur chacun d’entre eux : “Concernant le passé des personnages dans Star Wars, ce qui est tellement bien est que pour Han Solo, ou même pour Luke et son père, on n’a pas de conversation de dix minutes là-dessus”, dit Edwards. “On effleure juste le fait que Han doit de l’argent à Jabba, et c’est à peu près tout, ou bien on nous dit dans le premier Star Wars que le père de Luke était un pilote, et qu’il a été tué par Dark Vador. Ce sont de petites idées très courtes, et elles font courir notre imagination. Tout le monde a un passé dans notre film, et tout le monde a vécu quelque chose qui les a amené dans cette situation [combattre l’Empire]. Nous avons ici un ensemble, donc il s’agit de servir tous ces personnages d’une manière qui n’interfère pas avec le rythme du film ni avec l’histoire… Nous espérons avoir trouvé le bon équlibre, avec assez d’indices et d’aperçus, mais jamais l’entièreté. Ces histoires pourront être approndies dans des romans !”

Rogue One contient évidemment de nombreux effets spéciaux numériques, mais l’équipe d’Edwards a tenté de se modérer : “Nous avons essayé de faire attention avec l’attrait des images de synthèse”, dit le réalisateur. “C’est vraiment tentant, car à présent certaines choses sont possibles si on en a envie. Et un certain langage cinématographique a évolué à cause de cela, ce n’est plus le même qu’à l’époque d’Un Nouvel Espoir, L’Empire Contre-Attaque et Le Retour du Jedi. Avec l’ordinateur, nous avons donc essayé de faire seulemennt des choses visuelles qu’on pourrait faire dans la réalité avec des maquettes et du tournage réel, et nous prenons soin d’essayer d’être vigilants à propos de ça.”

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Durant la préproduction, Edwards a réalisé quelque chose concernant les armes de Star Wars : “Dans nos cerveaux, on pense que Star Wars est à 50% de la science-fiction et à 50% inspiré de l’Histoire et du monde réel, mais en réalité c’est plutôt à 90% inspiré de l’Histoire et du monde réel et c’est à 10% de la science-fiction. À un point tel que lorsqu’ils concevaient toutes les armes et les pistolets, et qu’ils m’ont montré des idées pour des pistolets de Deathstroopers, j’ai commis un de mes premiers faux pas. Il y avait plein de designs différents, et je me disais : “celui-ci paraît trop archaïque, celui-là ressemble trop à ce qu’ils avaient durant la Seconde Guerre Mondiale.” Ils me répondaient que c’était exactement l’arme des stormtroopers dans Un Nouvel Espoir. [À l’époque], ils s’étaient contenté de prendre des pistolets et des costumes du monde réel, en modifiant juste un petit truc pour qu’on sente que c’est Star Wars – si on va trop loin, ça devient Flash Gordon ou Star Trek.”

Le style d’Un Nouvel Espoir a profondément inspiré les concepteurs artistiques, selon le réalisateur : “Quand on regarde ce que faisaient les [designeurs originaux] Ralph McQuarrie, Joe Johnston et tous les autres, il y a une certaine esthétique dont ils ne pouvaient pas se débarasser, et c’est vraiment génial. On voit beaucoup de formes et d’idées répétitives. Il y en a une qui est évidente : l’Etoile de la Mort ressemble beaucoup au haut de la tête de R2-D2. Elle a les mêmes proportions, et on voit ces formes réapparaître partout, donc l’astuce était d’essayer d’examiner ces formes, de les copier inconsciemment et de les inclure dans les designs.”

Edwards explique que le design de l’U-wing, le nouveau vaisseau rebelle, est le fruit d’un long travail : “C’est une situation de rêve d’essayer d’inventer un vaisseau qu’on n’a pas vu dans la trilogie originale mais qui donne l’impression qu’il pourrait exister. Ca a pris une éternité, à peu près six mois. Il y avait littéralement des milliers de designs… Nous ne nous sommes pas dit “Ok, concevons un U-wing”. Nous nous sommes dit : “Faisons ce qui nous semble bon puis nous choisirons la lettre de l’alphabet qui lui ressemble le plus !””

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En montrant la lune de Jedha, occupée par l’Empire, le réalisateur voulait faire passer une idée forte : “La guerre, ce n’est pas que les combats. Je sais que ça semble idiot de dire ça, mais la guerre c’est aussi les conséquences et le prix qu’on paye. Jedha est censée représenter un territoire occupé et la conséquence de l’incapacité à faire quoi que ce soit contre l’Empire. L’idée était que si l’on n’arrêtait pas cette chose, on assisterait à ce genre d’oppression dans toute la galaxie, donc le film est parsemé d’images des conséquences du fait de laisser le mal prendre le pouvoir.”

Durant la préproduction, le créateur de Star Wars en personne a rendu visite à Edwards et son équipe. “Je dois ma carrière à George Lucas”, dit le réalisateur, pour qui cette rencontre était “probablement mon moment le plus nerveux”. “[Lucas] incarne Star Wars plus que quiconque ne le pourra jamais”, ajoute-t-il. “Il est la raison pour laquelle tout cela existe. Pas juste un peu, mais complètement. Donc l’idée qu’il passe faire une visite était… Je ne sais pas, je me sentais comme si nous construisions une église et que Dieu venait nous contrôler.”

“Tout ce qu’il aimait avait pratiquement l’assurance d’être dans le film”, assure Edwards. “Par exemple, il y avait un casque que nous adorions mais que ne ne savions pas où mettre ; il n’y avait pas vraiment d’opportunité de l’utiliser. Mais quand [Lucas] est passé devant et a dit : “C’est cool, j’aime ça”, nous nous sommes regardés en pensant : “Ok, il faut que nous mettions ça dans le film !”

Le réalisateur dit qu’il se sentait “comme un gamin dans une confiserie” durant la préproduction. “Les gens de Lucasfilm nous laissent le temps de sortir cela de notre tête”, ajoute-t-il. “Car au début, je pense que chaque cinéaste veut inclure tous les éléments de Star Wars dans chaque film, puis il réalise lentement que c’est idiot et que ça ne fonctionne pas ; ça rend l’univers petit.”

Durant cette phase de préparation, le réalisateur a vu une restauration 4K d’Un Nouvel Espoir fournie par Lucasfilm. “La chose qui m’a surpris, que je n’avais jamais remarqué avant de voir le film comme il se doit, est que les yeux de Dark Vador sont toujours plus haut que ceux de tous les autres personnages dans la pièce”, dit-il. “Même quand il est plus loin, ce qui le rendrait normalement plus petit, la caméra se lève pour qu’il reste le plus grand.”

Il admet que stylistiquement, “c’est une chose bizarre à faire”, mais que seule cette méthode lui a semblé satisfaisante pour filmer Vador.

Rogue One montrera à nouveau l’intérieur de l’Etoile de la Mort. Edwards a souhaité rester fidèle à ce qu’on voit dans l’Episode IV : “Les intérieurs sont pratiquement ce qui a déjà été établi. Nous n’avions pas autant de scènes à l’intérieur de l’Etoile de la Mort que dans Un Nouvel Espoir, donc puisque nous n’allions pas faire grand-chose, nous avons décidé de faire des décors classiques, traditionnels.”

Par rapport à 1976, une nouvelle technique a toutefois été utilisée : “La différence était que nous avions placé un écran géant là-haut”, dit le réalisateur. “Les choses qu’ils regardent, les informations, étaient vraiment là-haut, illuminant la pièce.”

Quand au ton du film, Edwards en parle ainsi : “Je pense qu’il serait juste de dire que le ton est peu plus adulte que celui de certains des autres films. Je me souviens, quand j’avais une dizaine d’années, je voulais voir des films comme Rambo et Alien. Rogue One n’est pas comme ces films. Ce n’est pas à ce niveau-là. Je pense que ça plaira aux gamins, mais aux gamins qui aiment les films un peu plus adultes.”

“Quand nous nous demandons : “Quel est le ton de ce film ? À quoi voulons-nous le comparer ?”, la référence évidente au sein de Star Wars serait L’Empire Contre-Attaque”, ajoute-t-il. “[L’Empire Contre-Attaque] est maussade et sérieux, mais il contient de la légèreté. Si on retrouve le même ton dans un film entier, ça ne fonctionne pas. Il faut un contraste. L’Empire Contre-Attaque était définitivement la référence pour ce qui est de l’équilibre parfait.”

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Le concept de Rogue One est né en 2003, lorsque Knoll supervisait les effets numériques de La Revanche des Sith. En entendant Lucas parler de l’apparition de l’Etoile de la Mort, il se mit à imaginer l’histoire des “espions rebelles” dont le texte défilant de l’Episode IV disait qu’ils avaient volé les plans de la station de combat. Il proposa alors à Lucas et au producteur Rick McCallum d’intégrer cette intrigue dans la série live qui était en développement. Mais cela ne cadrait pas avec le projet, et Knoll dut attendre début 2013 pour tenter une nouvelle approche. Il proposa à Kathleen Kennedy, la nouvelle présidente de Lucasfilm, et à Kiri Hart, la dirigeante du développement des histoires, de raconter cette histoire sous forme de film.

Durant cet entretien de quarante-cinq minutes, Knoll leur expliqua sa vision du spin-off : “Une sorte de cambriolage dans l’installation la plus sécurisée de l’Empire pour voler les plans de l’Etoile de la Mort, dans le style de Mission Impossible.” Il cita également comme sources d’inspiration Les Canons de Navarone, Ocean’s Eleven et Zero Dark Thirty. Il précisa que ce serait centré sur de nouveaux personnages, tout en laissant la possibilité d’une apparition de Dark Vador.

Pour Kennedy, c’était “plus concret et solide” que toutes les autres idées de spin-off alors à l’étude. “C’est ensuite devenu graduellement ce qu’on a aujourd’hui”, dit Knoll.

D’après Knoll, les Star Wars Stories étaient censées être “plus petites, plus décousues, à moindre budget” que les épisodes de la saga. Mais Rogue One “est devenu de plus en plus épique” au fur et à mesure du développement.

Pour Edwards, Rogue One a un atout par rapport aux films de la saga : “Une partie de l’attrait de l’histoire est que c’est une période sombre où les gens se battent, meurent, et s’engagent dans des actes de bravoure sans l’avantage des pouvoirs de la Force. Ce sont des gens ordinaires qui ressentent qu’ils doivent faire quelque chose contre le mal se produisant dans l’univers. Il n’y aura pas de solution magique. Ils devront résoudre cela eux-mêmes. Le film parle de gens auxquels je peux m’identifier.”

Certains décors du film étaient construits à 360°, ce qui permettait à Edwards de filmer dans n’importe quelle direction. Pour l’éclairage, le directeur de la photographie Greig Fraser devait donc utiliser uniquement des sources provenant des caméras. Les figurants devaient rester dans leurs rôles durant des périodes assez longues. “Tout le monde existait et vivait dans ces environnements”, dit Edwards. “Je voulais que ça donne l’impression d’être un monde réel.”

Donnie Yen, qui joue Chirrut Îmwe, raconte une anecdote à ce propos : “Il y avait des scènes où j’étais à l’intérieur d’un vaisseau cargo et où il y avait un mécanisme hydraulique qui le secouait, et un écran bleu à 360° qui projetait des images de nous volant à travers l’espace. Oh mon dieu. Ca nous donnait le sentiment de vraiment voler dans l’espace sans avoir à faire semblant.”

Diego Luna, qui joue Cassian Andor, ajoute que tous les boutons et écrans du cockpit s’allumaient ou provoquaient une réaction, même si ça n’allait pas forcément être filmé.

Selon Kennedy, Edwards a parfois eu des diffucultés à gérer ce réalisme sur le tournage : “Réaliser tout cela à travers l’objectif de la caméra est vraiment un aspect de son style, mais c’est très, très dur à faire au sein de ces films géants où tout est à planifier. Trouver cet équilibre a été dur pour Gareth.”

Cela a également compliqué le travail de l’équipe des effets numériques. Edwards permettait en effet à ses acteurs de se déplacer librement dans le décor durant le tournage d’une scène. “Ca peut rendre un peu plus dur pour nous de nous assurer qu’on a des écrans bleus aux bons endroits”, dit Knoll.

Parfois, ce dernier disait : “Ok, on le filme, mais il n’y a aucune marque de repérage [indiquant où se trouvent les éléments en images de synthèse]. Bon… Je suppose que nous trouverons une solutions.”

Mais cela valait le coup pour Knoll : “En filmant avec la caméra, on a une spontanéité qui l’emporte sur ces inquiétudes. Au final, les résultats sont meilleurs.”

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Chaque Star Wars Story étant censée se suffire à elle-même, il n’y aura pas de suite de Rogue One avec les mêmes personnages. “Je pense que c’est ce qui rend le film excitant”, dit Kennedy. “On peut se plonger dans Rogue One sans avoir l’impression de devoir s’engager. Ca signifie que tout peut arriver.”

Knoll approuve, mais il a une idée derrière la tête : “C’est sensé être quelque chose à part. J’ai pensé à quelque chose dans la même veine que nous pourrions faire s’il y avait de l’intérêt pour en faire un autre. Mais je ne suis pas prêt à en parler.”

En revanche, Edwards assure avoir entendu parler d’une suite directe de Rogue One : “Je peux vous dire quelque chose. Je ne suis pas sûr que ça se fera, mais apparemment ils envisagent de faire une suite où on découvre ce que l’Alliance Rebelle a fait avec les plans. Ce sera potentiellement réalisé par George Lucas, et peut-être qu’on verra l’aboutissement où ils font sauter l’Etoile de la Mort. Je pense qu’ils sont toujours en négociations. Mais les attentes sont très hautes.”

Rogue One : A Star Wars Story sortira le 14 décembre.

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