[Star Wars Stories] Solo : A Star Wars Story, l’avis du Serial-Critique Lain-Anksoo

Trêve de blablas !
Cette critique ne vous apportera aucune des révélations du film mais peut, suivant votre définition des spoilers ou si vous n’avez pas vu les bandes-annonces, être considérée comme légèrement spoilante. Elle n’engage aussi que moi (coucou c’est Lain !).

La critique sans gros spoilers de Lain-Anksoo

Star Wars chez Disney a constitué pour moi l’occasion de m’essayer à l’exercice de la critique de film. Vous me connaissez, sur Star Wars Universe, je rédige une trentaine de critiques littérature par an depuis maintenant un peu plus de cinq ans. Cependant, avant Le Réveil de la Force, je me cantonnais à mes bons vieux livres.

Mais j’ai voulu essayer autre chose et j’ai critiqué l’Épisode VII, puis Rogue One.
Puis l’Épisode VIII est passé par là, et malgré un ” mouais » en sortant de salle, plus je le voyais, plus j’y réfléchissais et plus je trouvais ce film excellent. Résultat, je ne l’ai jamais critiqué ! À ma sortie du cinéma, j’aurai mis 75%, alors qu’aujourd’hui je serais plutôt autour de 90%… Et il suffirait sans doute que je le re-regarde pour que ça remonte.

En ce qui concerne Solo, je sais que mon avis ne changera pas ou peu. Le film ne m’a ni choqué, ni fait vibrer outre mesure. À l’exception d’une scène, mon rythme cardiaque est resté le même.

Ce n’est pas un mauvais film, c’est un film qui fait le travail qu’on lui demande. C’est juste qu’il ne traite pas forcément le sujet le plus passionnant qui existe, même s’il le fait très bien. Pour prendre une analogie qui vous sera plus familière, la meilleure tarte aux pommes du monde ne vaudra jamais une tarte tatin !

Solo, an Origin Story

Solo plairait assurément plus, ou tout simplement séduirait plus, si le filon des origin stories n’avait pas été épuisé ces dernières années. Pour être honnête avec vous, aujourd’hui pour qu’un film d’une franchise me séduise il faut qu’il soit original ou parte sur une bonne idée de départ (Logan, Deadpool, Jurrasic World, Wonder Woman… Et, dans le cas de Star Wars, Rogue One) ou qu’il fasse correctement avancer le bouzin et l’intrigue au sens large (Avengers : Infinty War ou, pour Star Wars, Les Derniers Jedi).
Ceux qui sont là un peu en tant que bouche trou m’ennuient profondément alors qu’ils ont pour certains de très bonnes qualités (comme Black Panther récemment) ; mais comme j’en ai bouffé des dizaines ces dernières années, la plupart du temps je les vois une fois au cinéma et plus du tout après.

Et je trouve que Solo souffre lui aussi de l’épuisement du format. Tous les ingrédients d’une origin story sont réunis : comment Han quitta Corellia, se fit un nom, rencontra Chewie, fit le raid de Kessel, etc. Tous les grands événements qui forgèrent l’identité de Han dans l’Épisode IV et plus largement la trilogie originale sont abordés. Bref, c’est une origin story, sans trop de passion autour puisque même si on ne connaissait pas le “comment”, on connaissait le résultat… En tout cas pour Han.

Oui, Han n’est pas le seul à être affublé d’une origin story dans ce film. Qi’ra, son amour d’enfance, possède aussi la sienne et même si un pan entier de sa vie est sauté (Avis de staffeur litté : ça fera de bons livres ça) on assiste autant à sa construction et son évolution qu’à celle de Han. Et croyez-moi, le fait de ne pas savoir où on se dirige avec ce personnage donne beaucoup de saveur à tout ce qui lui arrive et représente pour moi un des points forts du film.

Enfin il reste deux personnages à aborder pour qui je trouve que ce qui devrait être le vrai titre du film colle mieux. Lando et Chewie. Ces deux personnages ont déjà vécu beaucoup de choses avant leur apparition à l’écran. Certaines de ces histoires sont déjà connues pour Chewbacca et d’autres sont encore inconnues (Info du staffeur litté : un comics est déjà prévu à ce sujet) pour Lando. Et c’est en ce sens que je trouve que le titre [Lando and Chewie] A Star Wars Story collerait parfaitement. On ne nous montre pas forcément leurs évolutions (Lando n’en a aucune : il est lui-même, et génial, du début à la fin), ni leur passé, juste une histoire qui leur est arrivée.

Et la nuance est là : le Han que nous découvrons au début du film n’a rien à voir avec le Han que nous quittons à la fin. Son histoire se construit sous nos yeux, sa psychologie et sa personnalité évolueent. Et quand, au début du film, on voit un autre acteur qu’Harrison Ford, on n’est pas choqués car ce n’est pas dans tous les sens du terme Han Solo qu’on découvre. Et une fois que la fin du film apparaît, et qu’on se rapproche enfin du Solo qu’on connaît, on a déjà adopté Alden Ehrenreich.

Après, c’est sans surprise que Donald Glover lui vole la vedette dans toutes les scènes où il est présent. Mais ça tient aussi au fait que Lando est déjà Lando, un charmeur sûr de lui, alors que Han lui n’est encore qu’un amateur pendant une grande partie du film.

Abordons rapidement la diversité visuelle de ce film et les effets numériques/spéciaux. Pas de Yoda que vous trouverez dégueulasse (Je précise que dans l’Épisode VIII, il s’agit d’une véritable marionnette copiée-collée sur celle de la trilogie ; donc si vous n’aimez pas ce Yoda vous n’aimez pas celui de l’Empire Contre-Attaque) ni d’idées repompées. On a plein de nouveaux décors sublimes, souvent fugaces car on ne s’y attarde que trop peu (Mais en y repensant, lors de la fameuse scène de la cantina, on s’attarde à peine dix secondes sur le public) et des costumes splendides du début à la fin ! Je regrette juste que certaines très grandes idées du film (Je ne spoile pas, c’était dans les bandes-annonces) comme le destroyer pris dans un maelström, ou la grosse bestiole dans l’espace, restent si peu de temps à l’écran ou soient si peu utilisées. Vraiment, pour ce plan avec le destroyer, je me suis dit ” Ils ont bien appris de Gareth Edwards, sur comment mettre en scène et montrer le gigantisme… Mais non, hélas, on n’en voit pas plus que dans la bande annonce… Dommage.

Enfin, il est obligatoire de mentionner les références visuelles, les références parlées, mentionnées et autre clin d’œil. Même si tous les ingrédients classiques d’un Star Wars (J’entends par là le cri Wilhelm, R2-D2 et C-3PO, le ” I’ve a bad feeling about this, sabres laser, Force, texte déroulant et j’en passe) ne sont pas présents, certains le sont mais indirectement ou modifiés et en soit ça prouve qu’on est dans un spin off.
Pour finir, toujours dans la lignée des références : ce film est le plus ancré de tous les films Star Wars dans l’Univers Étendu. dans le sens où il ne crée pas forcément mais reprend. Pour la toute première fois dans l’histoire de Star Wars, j’ai vu un film qui intègre un élément de l’UE de manière flagrante, dans son intrigue et surtout dans sa conclusion. Quelqu’un qui n’a toujours regardé que les films Star Wars ne va rien comprendre, quelqu’un qui n’a lu que quelques BD et vu quelques épisodes de série va un peu comprendre, et tandis que moi, qui ait vu toutes les séries TV et tout lu, je suis juste ravi car ça répond à quelques questions et surtout laisse une grosse porte ouverte pour une intrigue entre la fin de Solo et certains épisodes de Rebels. Au-delà de ça, on retrouve plein de planètes et de personnages connus (mentionnés ou présents), on apprend le destin de certains, et ça balance au détour d’une conversation ou deux des clins d’œil que seuls des experts de Star Wars comme nous verrons. ;)

Conclusion :

Pour moi, c’est vraiment le premier Star Wars qui reprend les codes du cinéma blockbusturisé actuel. Le Réveil de la Force a ses défauts, mais ils proviennent davantage d’une raison évidente de faire profit que d’un épuisement de la franchise. Ici, nous avons un film qui a tout pour plaire en terme de background et de réalisation, mais se retrouve noyé malgré lui dans un climat de production filmique à outrance où pour plaire il est obligé de sortir du lot. Si LA scène présente en fin du film était apparue au début et avait constitué une part importante de l’intrigue, peut-être aurait-il réussi à dénoter. En attendant, nous assistons juste à une plongée dans les syndicats du crime de la galaxie Star Wars, un sujet intéressant mais tout de même moins passionnant que tout ce qu’on a pu voir jusqu’à présent.

Solo est une origin story qui tient la route, divertissante, avec des vraies trouvailles, mais qui souffre aujourd’hui d’un manque d’originalité. Pour résumer, si Star Wars n’avait jamais existé et que l’Épisode IV sortait aujourd’hui, il serait noyé dans le paysage cinématique actuel. C’est ce qui arrive à Solo.

Note : 65%

Et si on en parlait sur le forum ?!

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