[Star Wars Stories] Solo : La critique de Jies !

Ce mardi 15 mai avait lieu l’avant-première européenne du nouvel opus de la saga, à l’occasion de la 71ème édition du Festival de Cannes. J’ai (Jies) eu la chance de pouvoir représenter SWU lors de cet événement, et d’assister à la projection. Alors, qu’en est-il de ce deuxième spin-off ? Mon verdict !

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Solo : le film qu’on n’attendait plus

Avant de commencer, quelques mots sur ma situation, afin de quelque peu contextualiser ma critique. J’ai détesté l’Épisode VII, eu beaucoup de mal avec l’Épisode VIII, mais beaucoup apprécié Rogue One. Contrairement à certains qui considèrent les spin-offs comme du bonus par rapport à la saga principale, je suis par conséquent largement plus attiré par ce type de production, que je trouve particulièrement adapté au développement de l’univers.

Pourtant, je n’attendais rien de Solo. Parce que la toile nous le vendait comme étant une catastrophe assurée, au vu de tous les problèmes rencontrés lors de sa réalisation, et parce que les bandes-annonces m’avaient laissé de marbre. C’est donc avec un étonnant détachement que je me suis rendu dans le cinéma, persuadé de voir un film au mieux à peu près correct. Autant vous le dire toute de suite, la surprise fut des plus agréables !

Solo est un spin-off, un vrai. Il se focalise sur le personnage emblématique éponyme, et nous le présente sous un jour nouveau. Ne vous attendez pas à retrouver un copié/collé de la figure que vous connaissez, vous risqueriez d’être déçu. Ce n’est pas une aventure quelconque du contrebandier qui est présentée, mais bien son parcours initiatique. C’est un jeune homme touchant à qui nous avons affaire, encore naïf à bien des égards et des rêves plein la tête.

Tout le long du film, nous assistons à la transformation progressive du protagoniste, qui tend de plus en plus vers le contrebandier vu dans la Trilogie Originale. Han enchaîne les entrevues et les péripéties, construisant peu à peu sa mythologie. Rencontres avec Lando et Chewbacca, raid de Kessel en 12 parsecs, gain du Faucon Millénium… Autant d’événements attendus par le spectateur mais qui ne se déroulent absolument pas comme prévu. Chapeau messieurs Kasdan, vous m’avez bien déconcerté ! Force est de constater que même si la trame principale du long-métrage est connue d’avance par toute personne ayant visionné les Épisodes IV et V de la saga, on ne s’ennuie pas une seule seconde tant le film est dense et les faits bien amenés. À mon sens, le seul loupé de ce point de vue-là est la rencontre avec Chewbacca : la scène est beaucoup trop rapide, et le rapprochement entre les deux compères aurait dû être plus travaillé afin de susciter d’avantage d’émotions.Han et Chewie

À noter qu’une partie de l’intrigue n’est pas résolue à l’issue du film, suite à un élément qui ne manquera pas de faire grincer des dents et couler beaucoup d’encre. Personnellement, j’ai adoré ce revirement final alors qu’on se dirigeait tranquillement vers un épilogue classique. Je ne doute pas que beaucoup se plaindront de ce choix scénaristique, et n’y verront qu’une stratégie commerciale, mais je suis quant à moi séduit par cette prise de risques, et j’ai hâte de découvrir jusqu’où ce choix nous amènera !

Pour apprécier la scène que j’évoque à sa juste valeur (et j’oserai presque dire : pour comprendre le pourquoi du comment), il est toutefois nécessaire de connaître l’une des histoires fondatrices du nouvel univers étendu, bien connue dans le milieu des fans mais qui n’a vraisemblablement eu aucun retentissement à l’échelle mondiale visée par Solo. Bonne ou mauvaise stratégie ? Peu m’importe, je me moque de savoir si le grand public lui en tiendra rigueur ou pas, mais j’ai eu l’agréable sentiment que cette œuvre était également pensée pour s’intégrer dans un tout plus grand. Et pour le fan que je suis, c’est très appréciable. De très nombreuses références sont par ailleurs dissimulées un peu partout dans le film, dont une que seuls certains vrais connaisseurs du Legends sauront apprécier, mais sans jamais tomber dans le fan-service. Et pour une fois, la prélogie n’est pas oubliée !

Petit mot sur le jeu d’acteurs. J’ai trouvé Alden Ehrenreich relativement convaincant dans son rôle de trafiquant en devenir. Mais la véritable révélation est pour moi Donald Glover, qui donne une badassitude colossale au personnage de Lando. Je me surprends même à rêver d’un Lando: A Star Wars Story ! Par contre, je reste un peu sur ma faim concernant Emilia Clarke (Q’ira) et Woody Harrelson (Beckett), qui font le travail sans pour autant être transcendants : au vu de leur talent, on pouvait s’attendre à mieux.

La réalisation est de très bonne facture, et les environnements sont variés et bien construits, notamment Kessel ! Quant à la musique, le seul mot qui me vient à l’esprit est : ” Enfin !. Enfin un thème original à la hauteur de la saga, avec de nouveaux morceaux particulièrement réussis qui viennent compléter à merveille la large palette créée par John Williams pour les six premiers films. À écouter sans modération !

J’aimerais terminer sur une petite requête à l’attention de tous les amateurs de la saga. Ne vous bornez pas à vouloir remplir des cases pour savoir s’il s’agit bien d’un Star Wars ou non. On s’en contrefiche, et la scène d’introduction du film, à la construction inédite, est là pour nous le rappeler. De même, à tous les pro-Legends, n’essayez pas de comparer ce récit aux romans de A. C. Crispin. L’essentiel est ailleurs. Les meilleurs Star Wars sont avant tout des films qui nous transportent, nous font vibrer. Et Solo est de ceux-là. Pari réussi, Mister Howard.

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Solo: A Star Wars Story sortira en salles le mercredi 23 mai ! Prenez garde aux spoilers, il n’y a pas d’embargo imposé par Disney !

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